Genre : Drame
Durée : 105 minutes
Réalisateur : François Truffaut
Avec Jeanne Moreau (Catherine), Oskar Werner (Jules), Henri Serre (Jim), Marie Dubois (Thérèse), Serge Rezvani (Albert), Vanna Urbino (Gilberte), Sabine Haudepin (Sabine), Kathe Noelle (Birgitta)
Nationalité : Français
Année : 1962
Résumé
Paris, 1907. Jules, étudiant allemand, et Jim, étudiant français, font connaissance, sympathisent et sont bientôt liés par une amitié profonde. Ils partagent les mêmes goûts en matière de livres, d'art et de femmes. Ils font ensemble un voyage dans le Sud méditerranéen et découvrent, sur un champ de fouilles, une statue dont le merveilleux sourire les bouleverse. De retour à Paris, ils sont éblouis de retrouver ce sourire sur les lèvres de Catherine, une jeune femme rencontrée par hasard. Un quiproquo précipite événements et décisions. C'est Jules que Catherine épousera, sans pour autant cesser d'aimer Jim. La guerre éclate. Le trio ne se reformera qu'après l'Armistice...
Critique TéléObs
Si vous ne l?avez jamais vu, vous avez bien de la chance. Si vous le connaissez déjà, vous ne résisterez pas à l?envie de le revoir. Et point n?est besoin d?être un trufaldien fou.
par ND
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Voilà un film qui charme jusqu'à l'envoûtement, ou qui exaspère jusqu'à la rage. Un film, on l'a oublié, qui divisa profondément les premiers «truffautistes», et qui causa dans la nouvelle vague une fissure jamais tout à fait refermée. Pour les uns, cette histoire d'aventure sentimentale à trois, avec la musique qui l'accompagne (et les ouvertures qu'elle propose), constitue le comble du bonheur si fragile qu'il finit mal. Mais pour les autres, moms neur Dieue, c était, après deux films absolument originaux («les Quatre Cents coups» et «Tirez sur le pianiste»), la reddition au cinéma de papa, l'adaptation traditionnelle d'un roman très littéraire aux coquetteries de la caméra. La vérité oblige à dire que si l'oeuvre d'Henri-Pierre Roche (Truffaut y reviendra en mettant en images «Deux Anglaises et le continent») relève d'un romanesque très écrit, l'adaptation qu'en avait tirée le jeune réalisateur n'avait rien de conventionnel, et l'emploi permanent de la voix off y paraissait même si dangereux que toute l'entreprise semblait courir à l'échec. «Seul un miracle pouvait nous tirer de là, se souvient le chef opérateur Raoul Coutard, et le miracle a eu lieu.»
Le secret au prodige, c'est probablement le fait que le tournage était, pour Truffaut comme pour la plupart de ses jeunes collègues, le seul moment important de la fabrication du film, et que, retenant son souffle, chacun - et chacune - y donnait son meilleur, avec une intensité qu'il aurait été impossible de retrouver.
par Alain Riou