 
Lantana
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Genre : Thriller
Durée : 90 minutes
Réalisateur : Ray Lawrence
Avec Anthony LaPaglia (Leon Zat), Geoffrey Rush (John Knox), Barbara Hershey (Valerie Somers), Kerry Armstrong (Sonja Zat), Rachel Blake (Jane O'May), Vince Colosimo (Nik Daniels), Russell Dykstra (Michael), Peter Phelps (Patrick Phelan)
Nationalité : Australo-allemand
Année : 2001
Résumé
Crise de la quarantaine ou train-train de sa vie de policier, Leon Zat erre et semble parfois dériver : il trompe sa femme et les remords l'assaillent. Sonja, son épouse, ressent cette mauvaise passe mais ne sait pas comment débloquer la situation. Elle oublie son quotidien morose en prenant des cours de salsa. Quand Leon est chargé de retrouver la psychanalyste Valerie Somers, sa vie s'en trouve bouleversée. Leon s'attarde sur la personnalité de John, le mari de Valerie, un éminent médecin, qui ne semble guère affecté par la disparition de son épouse. Au fur et à mesure que son enquête avance, Leon s'enfonce lentement dans le labyrinthe complexe des relations humaines...
Critique TéléObs
L?Australien Ray Lawrence sort de seize ans de silence et utilise les codes du film noir pour dessiner un tableau de m?urs fascinant
par ND
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La caméra glisse : dans la pénombre, le cadavre d'une femme apparaît. Tout autour, des buissons épineux. Ce sont des lantaniers («lantanas» en anglais), dont on dit que l'odeur oblitère la mémoire des voyageurs, qui se perdent en chemin. Coupez. Un couple fait l'amour, dans une chambre d'hôtel, avec passion, puis la femme cherche sa boucle d'oreille : «Elle m'a été donnée par mon mari», dit-elle. Coupez. En deux petites scènes, l'ambiance est posée, une ambiance d'infidélités, de mariages décousus, de désespoir calme, d'amertume à peine goûtée. Il y a, dans «Lantana», une curieuse façon de raconter une histoire, une démarche : Ray Lawrence, le réalisateur, semble filmer «Scènes d'un mariage», changer d'avis pour se diriger vers un polar traditionnel, puis revient vers... vers quoi, d'ailleurs ?
Une sorte de parfum obscur efface les souvenirs, bouleverse les évidences, cache les certitudes. «Lantana» est un chaos doucereux.
C'est le deuxième film de Ray Lawrence, réalisateur australien de publicités : il y a vingt ans, celui-ci a signé «Bliss», une étonnante incursion dans l'imagination d'un homme d'affaires frappé d'une crise cardiaque. «Chez nous, le financement est difficile, mais le tournage est facile», explique le metteur en scène. Dans l'intervalle, Ray Lawrence a eu cinq autres projets, mais «le truc, c'est de garder la balle en l'air». Il n'a pas pu jongler aussi longtemps : «Je me suis lassé d'attendre. J'ai recommencé à faire des pubs, là, au moins, tout se passe vite.»
Tout est tourné en lumière naturelle, les raccords météo sont hasardeux, et les acteurs jouent avec une liberté constante.«Si j'avais pu, je me serais débarrassé de la caméra», dit Lawrence. Il plaisante. Ou pas. Le film a obtenu 13 nominations à l'Australian Film Institute, gagné sept récompenses et raflé des tonnes de prix dans les festivals. Au fond, peu importe : on sort de là un peu désarçonné, avec un sentiment d'étrange étrangeté. Ainsi, le monde est-il réellement pervers ? Oui. On commence par un meurtre et, très rapidement, on en arrive à traverser en dehors des clous.